moulin_nbposterise

Au détour du chemin qui longe la rivière, le moulin se dresse abandonné mais encore imposant. Il n’est pas délabré, pas envahi de végétation, il est juste inanimé, déshumanisé. On dirait qu’il dort… Je marche doucement pour le laisser assoupi. Un moulin qui se réveille sans aucun grain à moudre c’est un peu comme une nuit sans rêves, un baiser sans amour. Je fais très attention car je pense qu’il voit tout et qu’il entend tout. Il n’a que ça à faire depuis que les meules ne tournent plus. Seule l’eau continue de se faufiler entre les aubes et les herbes, impassible, éternellement vivante. La rivière, elle, ne dort jamais. Elle berce le moulin, lui chante sa désespérance de voir ses roues figées et son cœur à l’arrêt.