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Quand je marche, je fais le point. Je me remémore la journée, la veille ou l’enfance, peu importe. Quand je marche je me répète ce que j’ai à faire demain, ce soir ou l’année prochaine, on s’en fout. La marche ça lave mieux la tête qu’une douche parce que ça lave à l’intérieur. La marche c’est le shampoing du cerveau, le champion du lavage de cerveau. Mais alors me direz-vous, quand t’arrêtes de marcher, rien ne va plus ? Exact. Quelques jours après, ma cervelle se salit à nouveau. Elle se remplit de choses désagréables, parfois ignobles qu’elle happe à la radio ou à la télé. Alors je repars marcher quand je sens que ça ne va plus. Et tu n’es pas fatigué ? Jamais. Il faut marcher. Mais pas n’importe où ni n’importe quand, car parfois, en marchant je croise la tristesse ou le malheur, j’entends des cris de douleurs, j’observe la misère et la violence bien malgré moi. Maintenant je marche la nuit. Je suis seul dans l’obscurité, je ne vois ni n’entends plus rien. Je me lave toutes les nuits même si je me sens propre. Il faut marcher pour se nettoyer. Il faut marcher la nuit pour être propre, totalement propre.